LA CORSE LIBRE par J-F MIGNUCCI
Prix. 25 centimes. Bruxelles 1856

 

L'isolement commercial mène droit à l'isolement politique.
Léon FAUCHER (Lettre sur la liberté commerciale)

Quelquefois une nation est devenue libre parce qu'auparavant elle était riche, une autre est devenue riche parce qu'auparavant elle avait conquis la liberté.
J.STUART MILL (Principes d'économie politique)

Plus d'un procès a été jugé sans que la partie mise en accusation ait été entendue ; plus d'un jugement a été rendu par l'un ou l'autre juge individuellement qui s'en appropriait les bénéfices.
Combien de temps faudra-t-il encore pour que l'égalité devant la loi qui règne parmi les hommes s'établisse aussi parmi les nations ?
Ad. QUETELET (du système social et des lois qui le régissent)

Si l'on vous disait :
Il y a sous le soleil entre la zone torride et la zone tempérée, au sein du grand empire végétal de la Méditerranée, à quelques kilomètres de l'Afrique, de l'Espagne, de la France et de l'Italie, une contrée crénelée d'où s'échappent une foule de rivières qui vont porter la fertilité dans chacune de ses parties ; une contrée couverte de quarante-six forêts grandes et luxuriantes qui ne le cèdent pas aux forêts les plus superbes du globe, une contrée riche en métaux précieux, en marbres de toute espèce et d'une beauté incomparable.
Si l'on vous disait encore :
Cette contrée entourée d'eau de tous côtés, possède des baies offrant de nombreux abris aux navigateurs, cinq rades capables de recevoir des flottes considérables, des ports d'une sûreté et d'une commodité merveilleuses pour le commerce ; elle compte dans son enceinte très circonscrite (875.000 hectares) quatorze sources d'eau minérale
, les unes froides, les autres chaudes, avantage qui n'a été accordé par la nature à aucun autre pays, elle jouit du climat de l'Italie, de tout le gibier de la France et de l'Espagne ; elle est exempte de tous les animaux malfaisants ; ses parages abondent en annélides, en mollusques, thons, - ses rivières regorgent de poissons.
Si l'on vous disait de plus :
Cette contrée, par une munificence de la nature, est susceptible de toutes les cultures, céréales superbes, fruits de toute espèce et en abondance, vins délicieux, en un mot, elle possède et produit tout ce qui est nécessaire au travail et à l'alimentation de l'homme.
Si l'on vous disait enfin :
Cette contrée nourrit des habitants non moins remarquables par la supériorité de leurs physiques que de leurs qualités intellectuelles. Les femmes d'un type et d'une beauté admirables, y sont avenantes et gracieuses modestes et dévouées, pures de la corruption des grandes villes et des vices du luxe ; les hommes fiers, spirituels, braves, robustes, actifs.
Oui, si on vous avait dit cela, vous eussiez assurément répondu par la seule inspiration de votre raison :
Cette contrée privilégiée a sans doute une agriculture florissante. De grandes artères doivent, ainsi que dans le corps de l'homme, la parcourir dans tous les sens, pour porter d'une extrémité du territoire à l'autre, du village à la ville, de la montagne à la plaine, les produits prélevés sur ses champs fécondés par la puissance de l'industrie ; ses communaux, ses landes, ses bruyères, ses pâtis doivent être partagés et défrichés ; ses marais desséchés ; le système de ses eaux doit être organisé et utilisé ; ses mines de métaux, ses carrières de marbre, ses forêts exploitées ; ses eaux minérales rendues abordables et visitées par des milliers de malades et de voyageurs ; l'industrie encouragée ; les essais de culture provoqués ; les routes soigneusement entretenues ; les ports encombrés de vaisseaux et de marchandises ; la production doit être incessante, la circulation active, la consommation immense, et le capital, ce reproducteur du travail, au lieu de rester improductif, doit refluer vers le sol et donner à toutes les transactions une activité puissante.
Eh bien ! Si vous aviez dit cela, vous vous seriez gravement trompé !
La Corse a beau être un pays éminemment favorisé, elle a beau offrir en abondance au génie de l'homme les matières premières de toute industrie, mines, carrières, eaux et forêts, elle a beau avoir les plus beaux ports du monde, la Corse, menée depuis quarante ans par ses administrateurs, ses hommes d'état, ses législateurs et ses gouvernants, reste dans l'immobilité. Toutes les nations marchent, elle assiste l'arme au bras à leurs progrès et elle ne marche pas. Toutes se lancent ou dans l'agriculture ou dans le commerce ou dans l'industrie, la Corse, entourée de richesses naturelles, reste sous les armes et ne s'en émeut pas ; la vie semble s'être retirée d'elle. On la dirait condamnée par une volonté supérieure à subir le supplice de Tantale.
D'où vient cette anomalie ?
A cette question les uns ont répondu : cela vient de ce que la Corse est trop occupée de ses divisions intérieures.
Je réponds :
Prouvez d'abord que cette diversion a été assez puissante pour agir sur l'économie du pays et pour le faire rester dans l'immobilité, sans quoi votre affirmation n'a aucun sens, nulle valeur. Et s'il était démontré, comme je le prouverai tout à l'heure que nos divisions intérieures sont l'effet et non la cause de cette anomalie, qu'auriez-vous à dire ?
D'autres à leur tour, sont venus, et ont dit : La cause de l'immobilité agricole, industrielle et commerciale de la Corse provient de l'inertie de ses habitants.
_Mais quelle est la cause de cette inertie ? Pourquoi ne travaillent-ils pas ? Répondez par des raisons et non pas de simples affirmation. Encore une fois s'il était prouvé que cette inertie n'est que l'effet d'une cause que vous n'apercevez pas, persisteriez-vous à soutenir que les habitants sont coupables ?
D'autres, enfin, ont dit : La cause de l'immobilité de la Corse a sa source dans l'absence de numéraire. Sans capitaux la civilisation ne marche pas. Mais pourquoi, au milieu de tant de ressources naturelles, la Corse reste-t-elle sans numéraire ? Pourquoi, lorsque le prix des métaux précieux baisse chaque jour, s'élève-t-il en Corse ? Si le crédit s'adosse à des réalités
et non à des expectatives, s'il est vrai qu'il ne demande que des hypothèques et non des hypothèses (1) d'où vient que des maisons, des terres de très bonne qualité et bien cultivées, dont la délimitation est certaine, ne trouvent pas de prêteurs. Je répondrai pour vous : C'est que le numéraire se proportionne à l'activité des transactions commerciales._ Vous glacez le sang dans les veines au commerce et puis vous conjurez l'agriculture, l'industrie de marcher, le numéraire de circuler ! ..Mais n'anticipons pas.
Pour moi tous ces phénomènes sont l'un à l'autre effet et cause. Les luttes intérieures ont leur source dans le désœuvrement. Ce qui produit le désœuvrement, c'est l'absence de travail ou d'un salaire rémunérateur. La cause du défaut d'un salaire rémunérateur, je la trouve dans le manque de capitaux.
D'où vient maintenant cette absence de capitaux,
Jusqu'ici la question n'avait pas encore été posée.
On se bornait à constater le fait sans chercher à s'en rendre compte. Eh bien ! je vais expliquer cette absence de capitaux et sa raison d'existence.
La cause de la stagnation des affaires et de l'absence de capitaux, je la cherche et je la trouve où elle est : dans les lois commerciales. Avant 1846 la Corse commerçait librement. La Restauration prétend que le commerce de l'île tend à s'isoler ! Elle lui applique un système complet de douanes que les divers gouvernements qui se sont succédé en France ont religieusement conservé. On ferme les ports de la Corse, par conséquent on lui enlève ses débouchés, par conséquent le travail, par conséquent aussi le salaire, par conséquent enfin le moyen de payer l'impôt. Et tout cela dans l'intérêt de la Corse, disait le préambule de l'ordonnance ! Assurément les hommes d'état qui rédigèrent cette ordonnance ne prévoyaient pas les conséquences désastreuses qu'elle devait avoir. Aujourd'hui que les prohibitionnistes ne sont plus en majorité et que nous avons, en fait d'échange, des idées plus judicieuses, ce système intelligent ne saurait subsister.
Les résultats de ce système les voici :
Relativement aux pays où les matières premières et fabriquées sont chères, la Corse ne peut qu'acheter et ne pas vendre !
Relativement aux pays où elles sont à bon marché, la Corse ne peut que vendre et ne pas acheter !
Par conséquent elle est contrainte d'aliéner progressivement ses capitaux ! Il est évident que si l'étranger obtient pour la somme qui représente une journée de travail, ce qui en coûte deux à un Corse, l'étranger est deux fois plus puissant et deux fois plus riche.
La désertion des capitaux amène : D'un côté : la baisse du salaire et la stagnation du travail dont l'effet immédiat est de reporter toute l'activité physique et intellectuelle dans les affaires civiles et politiques. D'un autre côté : la diminution de la production, par conséquent un ralentissement dans la circulation, d'où la mort du crédit.
M. Léon Faucher(2) avait mille fois raison quand il disait : " que ce n'est jamais impunément que l'on fait payer à un peuple à un peuple pendant longtemps les choses usuelles 30, 50 ou 75 % au-dessus du prix auquel telle ou telle nation voisine pourrait les lui fournir, et qu'il n'y a pas de lois au monde qui tiennent lieu des éléments naturels de la production "
A mes yeux, ce système a le mérite d'être deux fois plus absurde : absurde au point de vue du droit politique, absurde au point de vue des principes de l'économie politique et de la morale.
Absurde au point de vue du droit politique.
Lorsque la révolution, continuant les réformes de Turgot eût aboli les douanes intérieures, et que l'unité fut faite dans la nation, la France se trouva tout entière sous les mêmes lois. Lors donc que la Restauration laissant, sous ce rapport, intacte l'œuvre accomplie par la révolution, vint ordonner qu'à l'avenir la Corse serait soumise aux mêmes lois commerciales que la France, rien de plus équitable. Mais, lorsque foulant aux pieds tous les principes, elle vient nous placer dans une position exceptionnelle, et traiter, à part un petit nombre, tous les produits venant de la Corse comme venant de l'étranger (3), cela ne se comprend plus. Quoi ! nous sommes, en vertu de l'unité nationale solidaires de l'impôt, solidaires civiquement, et lorsqu'il s'agit de l'échange, lorsqu'il s'agit de la chose la plus grave, celle de la mort ou de la vie d'un pays, qui ne peut subsister que par le débouché, par le travail et le crédit, vous venez nous dire : cette solidarité n'existe pas ! Vous nous imposez les mêmes lois de police et vous nous mettez dans une position telle que nous ne puissions pas les suivre.
Quelle dérision ! Quelle injustice !
Absurde au point de vue des principes de l'économie politique et de la morale.
Comme le travailleur, chaque nation a besoin d'échanger les produits de son travail, et ce qui est vrai des rapports qui existent entre les membres d'une même société est vrai des rapports des sociétés entre elles. La liberté du commerce est donc nécessaire au développement économique. Plus que tout autre pays, la Corse a besoin de liberté. La nature de ses produits, sa position relative aux autres puissances, tout le commande. Que fait-on ? On lui applique, le régime cellulaire. " La Corse, disait M.Blanqui, reste comme un sanctuaire fermé aux profanes. " Mais, quoique partisan de la liberté commerciale, cet économiste officiel, soit qu'il fut ignorant des choses, soit réservé, se contentait d'exprimer le fait sans en indiquer les désastreux résultats et sans en rechercher la cause.
Quelle bonne fortune pour la Corse, si M. Blanqui, avait, je ne dis pas démontré par la grande éloquence des chiffres, mais seulement prouvé par la théorie, lui, l'Alexandre de la liberté du commerce, que la Corse était dans une position anormale et que la source de nos maux provient de l'aliénation progressive de nos capitaux. Lorsqu'on pense qu'il aurait pu soutenir sa thèse avec les armes de la protection elle-même, et que cette occasion admirable lui a manqué, on est tenté de croire que la Corse est condamnée à subir éternellement une si criante injustice.
Oui, tous les hommes sont civilement égaux, tous ont un égal droit à l'appropriation des choses, tous sont libres, la loi, ô ironie ! ne reconnaît aucune solidarité de producteur à producteur et voilà qu'on vient nous dire : Ce droit qu'a tout membre de la société de se pourvoir comme il l'entend et selon ses intérêts et ses ressources des objets nécessaires à sa consommation ou de vendre ses produits à tel acheteur et pour tel prix qu'il trouve, ce droit nous vous l'enlevons !
En commerçant avec les pays qui vous entourent vous pourrez avoir facilement la viande à bon marché, perfectionner vos races, relever votre agriculture ; vous pouvez à de très bonnes conditions échanger vos produits agricoles contre les peaux, les cotons, la soie et les tissus qui n'y coûtent que très peu de chose. Eh bien ! à partir de ce jour, vous êtes forcés de venir vous approvisionner chez nous et nulle autre part. Vous achèterez tous nos produits agricoles et industriels que vos pourriez avoir à moitié prix sur les autres marchés et par la prime que vous payerez vous soutiendrez l'industrie française qui vous ruinera !
La loi de division appliquée à la consommation a pour effet de relier les peuples, de les élever en intelligence et en dignité, et par l'échange incessant de leurs idées et de leurs produits, d'augmenter la consommation, de doubler, de tripler la production, par conséquent d'élever le salaire, de donner un immense essor à toutes les valeurs, et d'ouvrir le crédit. Eh bien ! nous venons vous fermer les débouchés, par conséquent le crédit.
Nous venons vous mettre dans un état tel que la puissance de division du travail n'ait pour vous aucune utilité, que vos produits ne puissent nous faire concurrence ; et par le système de douanes que nous vous imposerons, vous verserez sur les marchés français, ou, ce qui revient au même, nous prendrons chaque année six à sept millions de numéraire dans vos poches en échange de ce qui chez vous ne coûte que deux ou trois millions, et qui plus est, que vous pourriez avoir ailleurs pour un million !
Donc les lois commerciales appliquées à la Corse sont :
1° Iniques au point de vue du droit politique. Le consommateur Corse appartient à la France, il jouit des droits attachés à la qualité de français ; il y a entre tous les départements répartition proportionnelle de l'impôt et communauté de charges. Il faut avoir l'esprit bien étroit pour ne pas comprendre qu'on ait pu rétablir pour la Corse les Douanes intérieures.
2° Iniques au point de vue de l'échange des valeurs. D'une part, tous les travailleurs ont avantage à échanger leurs produits ; d'autre part, les citoyens sont indépendants et insolidaires, et ont tous le droit de profiter du bon marché étranger. Il faut être imbu de l'esprit de contradiction pour ne pas sentir les avantages qu'il y a pour eux à leur opposer un monopole !
3° Iniques au point de vue de l'augmentation des valeurs. Par la division de la consommation, par l'échange, la production augmente ; la variété des produits amène les peuples à jouir de leurs avantages réciproques. Bien aveugle est celui qui ne voit que le meilleur moyen de parvenir à cette augmentation des valeurs c'est d'en paralyser la circulation.
4° Iniques au point de vue de la morale.
Les douanes sont établies pour assurer l'équilibre entre les différents peuples. La vraie théorie est celle qui consiste à rendre en échange une valeur égale à celle que l'on vous donne. Il n'est donc pas équitable de prendre 5 et de ne rendre que 4.
Mais s'arrête-t-on à des considérations d'une aussi minime valeur lorsqu'il s'agit d'augmenter sa fortune ?
Nous le demandons à tous les hommes de bien, à tous ceux que l'esprit de justice anime : la position faite à la Corse est-elle oui ou non, injuste, inintelligente, intolérable ?
Dans un tel état de choses qu'a donc à faire la Corse ?
Ce qu'elle a à faire ?
Demander la liberté commerciale. La demander tous les jours, par la voix de ses écrivains, par la voix de ses hommes d'état et de ses délégués au conseil général.
Liberté des ports !
Liberté des détroits !
Liberté des mers !
Liberté commerciale !
Depuis que la Corse est entrée dans le grand concert universel des peuples, sa fonction a été marquée par la division du travail.
Elle ne peut être une nation agricole, puisque les pays avec lesquels elle est en rapport,
Peuvent obtenir à moins de frais les produits du sol, et qu'ils pourraient l'écraser par une concurrence d'autant plus forte qu'elle s'accroît de toutes les améliorations antérieurement réalisées à l'aide du capital et de toute la puissance des machines.
Or ce qui manque à la Corse c'est précisément non pas le fonds mais les moyens d'exploitation, une mise de fonds, c'est à dire le capital, c'est à dire encore la liberté du commerce, car, il faut toujours en venir là, ce n'est que par l'échange que la production s'accroît, que la consommation se développe et que le capital s'augmente.
Elle ne peut être une nation industrielle puisque ses forêts, ses mines et ses carrières, ses sources d'eau minérales (en supposant qu'elles fussent toutes en exploitation) ne fournirait pas même du travail au dixième de sa population actuelle et au vingtième de sa population future.
Elle ne peut donc être une nation commerciale.
Interrogez l'histoire. Voyez dans l'antiquité, l'Arabie. Voyez Carthage. Dans les temps modernes, voyez Venise ; voyez les villes d'Italie, les villes hanséatiques, l'Angleterre, etc. Ce qui a fait leur gloire, leur richesse, leur puissance, c'est le commerce. C'était dans l'ordre. Leur position topographique le leur commandait.
Au point de vue du budget, comme au point de vue de l'accroissement de la richesse de la Corse, la France a tout intérêt à lui rendre la liberté commerciale.
Si par un funeste aveuglement, si, par une de ces étranges contradictions, dont tant de nations, et notamment l'Angleterre dans ses relations avec le Nouveau-Monde, ont donné le spectacle, la France refusait d'accorder à la Corse la liberté commerciale, ce que la Corse a de mieux à faire, c'est de se séparer, je ne dis pas de la mère-patrie, la Corse n'est point une colonie, c'est une nation injustement conquise par les armes et dont les droits à l'Indépendance sont inaliénables et imprescriptibles, c'est, dis-je, de se séparer de la France.
La France a plus besoin de la Corse que la Corse n'a besoin de la France.
La Corse a été libre, sous tous les rapports, au dix-huitième siècle, sous Pascal Paoli, avant même que les Etats-Unis fussent constitués en république, avant même que la France eût accompli sa glorieuse révolution. Elle peut facilement le devenir aujourd'hui que les luttes intérieures et extérieures ont cessé, que les relations de peuple à peuple ont pris un si magnifique développement, et que par le progrès, de plus grandes garanties ont été octroyées à la liberté des individus et des nations.
Donc, que partout ce cri se fasse entendre :
Liberté des ports !
Liberté des détroits !
Liberté des mers !
Liberté commerciale !
C'est seulement quand la Corse jouira de la liberté commerciale, c'est seulement quand elle sera indépendante, qu'elle pourra activer sa production, accélérer sa consommation, développer son commerce, relever son crédit.
Et l'on verra alors, si, comme le jugent les ; politiques aux larges conceptions, les profonds moralistes contemporains, il est nécessaire de faire entrer notre pays dans le cadre préconçu de certaines institutions, ou, si, comme je le pense, il est plus logique, plus rationnel, de préférer aux directions arbitraires le cours naturel des choses.

J.François MIGNUCCI


 

 

(1) Cieszkowski (Du crédit et de la circulation) page 30, 2°édition, 1847, Paris
(2) Léon Faucher (Lettre sur la liberté commerciale Journal des économistes XV° volume, page 193 et 194.
(3) Article 2 de l'ordonnance du 5 novembre 1846
(4) La Corse, rapport lu à l'Académie, 1840

 

Page d'accueil